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Extrait du journal L’Ouest-Eclair du 25.05.1925 page 4

 

 

LORIENT

 

 

LA POSE D’UN MEDAILLON AU MONUMENT DE BRIZEUX A PONT- KERLO

 

 

A l'occasion de la pose d'un médaillon de bronze sur le monument d'Auguste Brizeux, au Pont Kerlo, nous voici de nouveau à Arzano, dans cette vieille église fièrement campée sur les hauteurs dominant les confins du pays vannetais.

 

11 y a dix-sept ans, le 19 octobre 1908; nous nous trouvions dans la même chapelle tout imprégnée du souvenir du poète que nous avons célébré aujourd'hui, Auguste Brizeux, à Lorient le 12 septembre 1803, mort à Montpellier le 3 mai 1858.

 

Malgré une tempête affreuse, les pèlerins étaient venus nombreux, de Lorient notamment, plusieurs de Quimperlé et des bourgs voisins. Citons parmi les personnalités locales : M. François Richard, maire d'Arzano ; Yves Richard, conseiller général.

 

C'est par une messe célébrée à 9 h. 30 par M. Le Gallic, curé-doyen d'Arzano, que débuta cette journée. Des cantiques en langue bretonne, des morceaux de musique choisie et des chants religieux furent exécutés par la Chorale paroissiale et par Mlle Huet.

 

Au Pont-Kerlo

 

On refit alors, au cours d'une accalmie, ce pieux pèlerinage au pont Kerlo. Le rocher sur lequel se dresse la statue du poète était jonchée de fleurs champêtres et tout autour de petites Bretonnes aux coiffes délicates et de charmants garçonnets du pays portaient des gerbes de genêts aux fleurs d'or. Les organisateurs avaient pris place autour de la stèle. Comme en 1908, en accents touchants et émus, André Degoul (Renan Saïb) parle aux gens d'Arzano de leur fils adoptif, ce blond et frêle enfant qui étudiait au presbytère en 1818 sous la direction paternelle et éclairée de son maître l'abbé Le Nir. M. Richard, maire d'Arzano, remercia les organisateurs et leur donna l'assurance que la commune continuerait à assurer l'oeuvre du souvenir lorientais sur les bords du Scorff au pont Kerlo.

 

M. Pierre Massé, de la Société des Beaux-Arts de Brest, un jeune poète, fut particulièrement apprécié et applaudi dans un sonnet de sa composition.

 

M. Le Bourgo. premier adjoint au maire de Lorient. admirateur passionné de la Bretagne et de Brizeux, son compatriote, lit avec une émotion communicative, un charmant poème de Brizeux.

 

Puis le barde Pierre Laurent, qui fit, jadis une conférence si appréciée à l'Hôtel de Ville de Vannes, sur l'oeuvre littéraire de Brizeux, parla en langue bretonne et en français.

 

Le déjeuner

 

Un déjeuner intime réunissait une cinquantaine de convives. L'heure des toasts vint et ce fut un véritable régal littéraire.

 

André Degoul, président du Comité, prit d'abord la parole. Puis M. Florian-La Porte, le distingué ingénieur hydrographe en chef de la marine, président de la Société bretonne de géographie, apporta l'hommage de la science à l'oeuvre considérable d'Auguste Brizeux, le poète magnifique qui nous a fait goûter le charme et la poésie de la vieille Bretagne.

 

Léo Le Bourgo apporte le témoignage d'admiration de la municipalité et de la ville de Lorient. Evoquant Ronsard, il célèbre en termes délicats le poète lorientais et celle qui fut sa muse et son inspiratrice, Marie du Moustoir.

 

M. l'abbé Bossard-Duclos, correspondant de l'Institut, président de la Fédération régionaliste de Bretagne et président de la section des Beaux-Arts, dans un magistral discours, nous parla de la vie d'Auguste Brizeux à Montpellier où il espérait retrouver une santé déjà compromise.

 

De pieuses mains ont rapporté ses restes au cimetière de Lorient où il repose à l'ombre d'un chêne. Il l'avait ainsi désiré.


M. l'abbé Le Gallic, curé doyen d'Arzano, dans le silence recueilli de l'assistance, donna lecture de plusieurs lettres du fils de St-René Taillandier venu visiter voici quelques années Arzano, son vieux presbytère, le pont Kerlo, le Moustoir et tout ce que Brizeux avait si magnifiquement chanté.

 

Le « Bro gog ma zadou » chanté debout par toute l'assistance termina le déjeuner.

 

Quatre bons kilomètres nous séparent de la maison où vécut Marie au Moustoir. Le Comité a fait placer sur cette chaumière rustique une plaque de granit portant une inscription en langue bretonne. Là encore les pèlerins sont nombreux. André Regoul lit des vers de Brizeux : «  Bourg d'Ellé, je reviens ». Pierre Massé récite avec une diction prenante  Le Retour, de Brizeux ; Pierre Laurent nous dit son poème en langue bretonne : Pèlerinage au Moustoir, qu'il traduisit en 1897.

 

Un dernier mot d'André Degoul et la cérémonie du souvenir était terminée, car la pluie diluvienne nous empêcha de visiter le vieux cimetière de Guilligomarc'h, où repose celle qu'aima et chanta Brizeux.

                                                                                                                                                JLG

Mairie de Guilligomarc'h, 2 Place de l'Eglise, 29300 Guilligomarc'h, Téléphone : 02.98.71.72.86
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